Dossier de réforme concernant la GPA :

Assurer aux enfants tous leurs droits

& dissuader du recours à la GPA

vendredi 19 décembre 2014

Vision féministe de la protection des personnes contre vision holiste patriarcale de la famille

Vision féministe de la protection des personnes contre vision holiste patriarcale de la famille


Les maltraitances intrinsèques aux contrats de portage de fœtus sont gommées par l’invocation magique de « la famille ».

Oubliées toutes les violences qui font dire aux féministes et aux défenseurs des enfants :

n  Les liens du sang sont secondaires en cas de maltraitance par un parent biologique, ils ne doivent pas être maintenus à tout prix aux dépens de l’enfant,

n  La maltraitance de la mère par le père est une maltraitance de l’enfant.

Les féministes ont toujours combattu l’idée holiste d’une famille destructrice des personnes de la famille, en dénonçant la tromperie qu’elle masque.
«  L’homme et la femme sont un et cet un est le mari » : ce dicton anglais résume l’imposture d’une valorisation de « la famille » au dépend de la protection des personnes. Derrière cette idée, il n’y a, en fait, que l’abus de pouvoir du « patriarche ».

Dans le jugement de la Cour Européenne des Droits de l’Homme de juin 2014, la vision de la « vie familiale et privée » (article 8  de la Convention de 1950) apparait d’un archaïsme patriarcal effrayant. 
Bien entendu, il faut lire cet arrêt en se souvenant du cas précis soumis à la cour, on comprend bien son souci de ménager la sensibilité des requérants et sa prudence. Cependant la Cour s’aventure à des affirmations dont la portée générale est des plus inquiétantes.

Certes elle reconnait que la France peut invoquer «  la protection de la santé et des droits et libertés d’autrui » pour interdire la GPA.
Mais elle affirme aussi que le respect de la « vie familiale » suppose que les enfants vivent avec les adultes commanditaires ( § 93 -94) et proclame «  l’importance de la filiation biologique en tant qu’élément de l’identité de chacun » (§ 100).

Ainsi, dans le modèle de « vie familiale » résultant des normes de la Cour :
n   le sort de la mère qui a porté les enfants ne compte (quasiment) pas,
n   la filiation biologique des enfants avec elle et avec la mère génétique donneuse d’ovocyte ne compte pas,
n  seule importe l’appropriation du père biologique sur ses enfants génétiques.

Retour par là au patriarcat le plus archaïque.


En réalité avec le retour de « L’enfant de l’esclave » avec la GPA on voit le retour du patriarcat le plus archaïque avec son droit le plus absolu sur ses biens, femelles et descendance, droit de propriété, droit de vie et de mort ...  

Vision féministe de la maternité et de la grossesse contre réification et déshumanisation

Vision féministe de la maternité et de la grossesse contre réification et déshumanisation

Pour nous féministes :
L’être humain doit autant à sa mère qu’à son père.
La grossesse fait partie de l’humanisation du petit d’homme.
Neuf mois de grossesse, fait d’échanges entre la femme enceinte et l’embryon, au point de laisser une trace génétique définitive chez la mère. 
Puis «  Neuf mois pour qu’un bébé construise ce lien privilégié avec ses figures d’attachement, mais alors là chacune de ces figures est irremplaçable, spécifique et non interchangeable. » (Nicole Guédeney) 

Pour les partisans de la GPA, l’homme a le droit de produire un enfant issue de ses gênes, en utilisant deux femmes réifiées et en faisant taire leurs sentiments. Il a aussi le droit d’abandonner les produits défectueux. Il a aussi le droit ou le pouvoir de faire avorter ou de pousser à avorter de vies inutiles.

Vision raciale, dure, réïfiante … pourtant défendue par des partisans des droits humains de gauche.

Vision féministe de l’enseignement de l’égalité par le modèle des parents

Vision féministe de l’enseignement de l’égalité par le modèle des parents

Beaucoup d’énergie est déployée aujourd’hui pour enseigner l’égalité des sexes aux enfants. Or la principale source d’enseignement de l’égalité entre homme et femme est tout de même le modèle donné par les parents à leurs enfants. Dès lors il est aberrant de permettre qu’un homme ayant acheté une grossesse se voit reconnaître comme père. 

Vision féministe de la prévention des crimes : dire la norme et casser les marchés

Vision féministe de la prévention des crimes : dire la norme et casser les marchés

Lorsque les féministes voulurent que le viol soit reconnu comme crime, elles furent accusées de vouloir punir sadiquement … leur demande d’une loi pour dire la norme et par là pour dissuader du crime, paraissait plus cruelle que le crime. Notre projet suscitera le même type de réaction de répulsion face à la loi répressive. Mais notre but n’est nullement de punir.

Lorsque la Suède instaura la pénalisation de l’achat de prostitution, le gouvernement organisa six mois avant la mise en vigueur de la loi, une campagne d’information dans tout le pays, afin que toute la Suède soit informée. L’objectif de la police n’était pas de punir des délinquants, mais d’éviter le crime, afin d’éviter de nouvelles victimes de crime … Son moyen était de casser le marché de la prostitution, en le rendant non profitable.


Nos propositions reposent sur le même objectif : dissuader d’un crime pour éviter de nouvelles victimes. Dire la norme, en informer largement le public, rendre le marché de la vente d’enfant non profitable à l’avenir. 

La défense du droit à l’IVG exige l’interdiction des contrats de portage de fœtus

La défense du droit à l’IVG exige l’interdiction des contrats de portage de fœtus


Une grossesse est un des plus évènements importants dans la vie d’une femme, dans sa mémoire et pour sa santé. Pour cette raison, il faut défendre la liberté de décider de l’arrêter sans être réprimée pénalement et la liberté de ne pas être soumise à un contrat de mère porteuse.

Les partisans de la GPA présentent leur revendication comme une condition de la défense du droit à l’IVG : la liberté de disposer de son corps serait indivisible.
S’ils étaient sincères et honnêtes, ils accepteraient alors que les grossesses décidées en vue de l’éducation de l’enfant par d’autres parents, soient réellement juridiquement libres, c’est-à-dire ne fassent l’objet d’aucun engagement contractuel spécifique mais uniquement d’un accord libre et purement moral avec la mère de l’enfant.
Eventualité qu’ils refusent bien entendu, car en réalité ce qu’ils revendiquent est leur liberté de disposer de corps de femme et d’avorter éventuellement les fœtus en trop.


En vérité, opposants à l’avortement et partisans de la GPA partent de la même conception de la femme et de l’enfantement, dans laquelle la grossesse est presque oubliée, ses conséquences pour la femme  niées, passées sous silence. Louer ou pas son travail, « son ventre comme ses bras », avoir ou pas un enfant : leur présentation du choix occulte la réalité physique vécue par la femme enceinte. (Avec une nuance : le sacrifice physique que peut représenter le choix de garder son enfant, n’est au moins pas nié par les opposants chrétiens à l’IVG, mais reconnu comme un acte méritoire.)

L’abolition de la prostitution exige l’interdiction des contrats de portage de fœtus


L’abolition de la prostitution exige l’interdiction des contrats de portage de fœtus


.. et vice versa. Dans les deux situations, il s’agit de refuser l’abus du pouvoir d’user de son argent pour porter atteinte à l’intégrité physique de l’autre, de refuser une loi basée sur la «  discrimination par la fortune », Il doit être interdit, interdit sous la menace de très fortes peines, d’abuser du pouvoir donné par la richesse.

Dans les deux situations, les cas très exceptionnels où la « liberté de disposer de son corps » existe réellement, ne peuvent être invoqués pour instituer des lois qui mettraient en péril la quasi-totalité des femmes risquant d’être amenées à accepter par une forme ou une autre de contrainte, les contrats qui seraient autorisés.

L’autorisation d’une marchandisation de la naissance aurait pour conséquence de contraindre certaines femmes à renoncer à être mère pour plaire à des époux exigeants, et d’en contraindre d’autres à risquer leur santé, d’inciter les unes à exploiter les autres, et les autres à vendre l’enfant porté … autant d’atteinte aux libertés de disposer de son corps.

Nous avions expliqué ce point lors du débat sur l’interdiction de l’achat de prostitution :

L’achat d’acte sexuel, même éventuellement librement consenti,  doit être interdit au nom de la liberté des tiers.  Il met en cause la liberté effective de chaque femme de ne pas se prostituer.

Le législateur s’interroge sur le point de savoir s’il doit évaluer la proportion de femmes en situation de prostitution par choix, avant de décider de mesure restreignant leur clientèle. Notre réponse est non. Il faut refuser les objections à la pénalisation de l’achat de prostitution au nom de la liberté de prostituées qui seraient consentantes. Car même si  99% des femmes offrant un acte sexuel contre rémunération avaient pleinement consenti à cet acte, l’achat devrait en être interdit en raison de sa nocivité pour les tiers.
La liberté consiste à faire ce qui ne nuit pas à autrui, la liberté n’a de borne que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance des mêmes droits.
Tout comme la liberté du commerce valablement consenti entre des parties est limitée en raison de l’intérêt des tiers, l’interdiction de l’achat de prostitution est une atteinte nécessaire à la liberté du client et de la prostituée même dans l’hypothèse où celle-ci serait pleinement consentante, en raison de l’intérêt des tiers.
Or lorsqu’un homme (ou éventuellement une femme) achète à une femme ou un jeune homme un acte sexuel,  la liberté d’autres femmes ou jeunes filles de refuser  de se prostituer est réduite et remise en cause.  Car son acte entraine une série d’autres actes et situations qui vont réduire ou anéantir la liberté d’autres femmes de  refuser la prostitution ou le chantage à l’emploi. Cet acte est donc dangereux pour la liberté d’autrui et doit pour cette raison être interdit.
(…) Tant que l’achat d’acte sexuel ne sera pas interdit, les pressions exercées sur les femmes pour entrer dans une situation de prostitution ou céder à un chantage à l’emploi, seront fortes et ne pourront pas être efficacement contrecarrées. La liberté des autres femmes de ne pas se soumettre à la prostitution sera entamée en pratique. Toute femme, sera menacée d’être frappée par le « stigmate de la putain ».

Le droit commercial interdit certaines pratiques commerciales qui sont pourtant réalisée avec un consentement parfait des parties prenantes, en raison de leur nocivité pour des tiers, pour l’intérêt général. Si l’on considère l’aspect marchand de l’achat d’acte sexuel, on voit que le type de problème est le même :  quand bien même la convention serait irréprochable entre les parties, la réalisation de certains actes contre paiement, doit être interdite en raison de leur nocivité pour les tiers.
Il est assez grotesque d’entendre, au sujet de la prostitution, des plaintes sur un ton geignard émaner d’hommes d’affaires ou de politiciens parfaitement informés du droit commercial et de la loi de l’offre et de la demande. L’appel à la sensiblerie ou à la commisération table de manière à la fois cynique et insultante sur une naïveté des femmes et de leurs défenseurs à propos du droit des affaires. Il table aussi sur la propension à voir « différemment » tout ce qui concerne les femmes.  Mais les partisans de la liberté de commercialiser l’acte sexuel, placent eux-mêmes le débat sur le terrain du droit commercial  …  Parlons donc liberté de commerce.
Le droit commercial interdit par exemple la vente à perte.  Dans le cas de vente à perte, toutes les parties sont consentantes. Le producteur ou le distributeur a librement déterminé son prix, le consommateur est tout prêt à acheter à un prix favorable.
Mais la réalisation de ventes à perte a des effets destructeurs sur l’économie. Elle  aboutit à la destruction d’entreprises concurrentes, incapable de financer un alignement sur les prix cassés. Cette destruction entraine des pertes d’emploi et de capacité de production.  Elle aboutit ensuite à des situations de monopoles. Ce monopole signifie une réduction de la diversité de la qualité des produits. Il permettra par contre ultérieurement de pratiquer des prix à forte marge bénéficiaire. 
Les tiers sont donc lésés : le pays perd des capacités de production, les consommateurs à terme seront victimes de monopoles, limitant leur choix de produits et les obligeant à acheter à des prix plus élevés.
Le législateur a donc interdit la vente à  perte, (tout comme la formation de monopoles), pour assurer la bonne santé du tissu industriel et commercial.

A fortiori, il doit interdire une pratique qui a des conséquences sur la protection de l’intégrité physique des personnes.

Présentation du projet

Présentation du projet


L’objectif de la réforme est d’assurer aux enfants nés de mères porteuses un état civil et une  nationalité tout en dissuadant les adultes de recourir à la gestation ou procréation pour autrui.